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Être aumônier dans un EHPAD

En ces temps de confinement, Corinne Nême-Peyron, pasteur et aumônier à l’EHPAD protestant Le Châtelet à Meudon, témoigne de son accompagnement.

Comment parler de la vie spirituelle à l’EHPAD du Châtelet [1], sans dire ma joie et ma reconnaissance d’y travailler comme pasteure.

Cet établissement comporte deux bâtiments : l’Olivier et le Figuier.

Le Figuier accueille des résidents ayant la maladie d’Alzheimer ou apparentées. Chaque mardi, je viens y célébrer un culte. Dans ce temps du confinement, il est difficile d’expliquer à ces personnes qu’il ne faut pas se toucher, s’embrasser…

Alors, je les protège en mettant sur moi, gants, masque et surblouse. Lorsque le culte commence, ils viennent d’eux-mêmes s’installer tout près de la croix en bois que j’apporte. Ils aiment chanter. « Je connais les paroles, mais je les ai un peu oubliés. Vous savez, je suis fille de pasteur ! » Une autre me dira : « Vous voulez nous rapprocher de Dieu. C’est bien ! » Une autre ajoutera : « On ne peut pas vivre sans Dieu ! » Chaque semaine est différente. Et chaque semaine est pleine de la grâce de ces rencontres, de ces sourires, de ces échanges parfois étonnants.

À l’Olivier, le culte a lieu le jeudi. Dans ce temps du confinement, nous avons fait des adaptations progressives. Dans un premier temps, deux pasteurs résidents (dont un de 99 ans) ont proposé de m’aider en prenant en charge un culte d’étage. C’est ainsi que nous avons pu célébrer trois cultes en même temps.

Je préparais les salles, vérifiais les distances de sécurité et donnais une feuille personnelle à chacun.

Puis, lorsque le confinement s’est accentué et que les personnes se sont retrouvées confinées dans leur chambre, la directrice a proposé que je célèbre des cultes dans le jardin. Chaque jeudi, deux cultes sont désormais célébrés, l’un à 15h, l’autre à 16h30. J’installe des chaises bien séparées, chacun à sa feuille de chants.

Les malentendants reçoivent une feuille détaillée du culte. Je branche la sono. Ainsi, ceux qui restent dans leur chambre bénéficient également du culte. Un des résidents joue de l’harmonica, les deux pasteurs lisent le texte biblique à tour de rôle et une résidente prononce la prière. À l’ombre de parasols, nous vivons des temps paisibles et recueillis dans une période qui ne l’est pas.

Pour les résidents qui ne peuvent pas descendre, je fais également des visites avec chants et prière. Nous vivons des temps de fraternité extraordinaires, durant ces journées. Les résidents et le personnel disent avec un grand sourire le bien que cela leur procure. Alors, je rends grâce à Dieu d’avoir la chance de vivre un tel ministère.

Pasteure Corinne Nême-Peyron, Aumônier du Châtelet et de Notre Dame du Lac.

[1] « Le Châtelet » a été créé par l’Association des pasteurs de France en 1964. Depuis, 2015, il a rejoint la Fondation des diaconesses de Reuilly.